Quand on s’installe à Biollet, on ne tarde pas à l’apprendre : ici passait la limite de la gabelle, l’impôt sur le sel ; les faux-sauniers venaient la nuit « chanter le sel » près d’un hameau, qui en a gardé le nom de Chantessel ; et les gabelous d’Espinasse les guettaient. Avant de juger cette histoire, voyons d’abord ce qu’en disent les sources, puis ce qu’était la gabelle, où passait vraiment sa ligne et qui la gardait ; nous pourrons alors la reprendre point par point.
Ce qu’on raconte
Cette histoire, ce sont Ambroise Tardieu et Augustin Madebène qui la racontent, dans l’Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d’Auvergne, publiée en 1892, et réimprimée en 1980. Voici le passage1 :
Le chef-lieu du grenier à sel de Saint-Gervais était à Villefranche (commune de Biollet), autrement dit la Vialle. Les employés chargés spécialement de défendre la contrebande du sel s’appelaient gabellous et résidaient à Espinasse. Quant à Villefranche, son nom lui venait de ce qu’il était exempt du droit de gabelles. C’était Termes qui était le lieu voisin de la limite de la franchise de la gabelle. La nuit venue, les faux sauniers de la Villefranche, défiant les gabellous et la peine de mort, venaient, au-delà de Termes (la limite), chanter le sel par un cri ou chant connu des pratiques ; de là, le nom du lieu Chantessel. (C’est la tradition locale). Les gabellous, de leur côté, avaient le cri spécial de ou ! iou ! pour se reconnaître. Les contrebandiers répondaient : au loup ! gabellou ! ou ! et comme ces cris, répercutés par les échos et favorisés par la nuit, étaient à peu près les mêmes, gabellous et contrebandiers se confondaient.
La notice « Chante-Sel ou Chantassel » du même livre le confirme : les faux-sauniers y venaient « par ruse, chanter le sel de contrebande, afin d’éviter les gabellous ». Et Tardieu n’est pas seul. En 1946, Émile Pauly, dans son Grenier à sel de Montluçon et faux-saunage en Combraille, raconte la même scène : « Vers les frontières du sel à Espinasse et Biollet (Puy-de-Dôme) la nuit venue, les faux-sauniers « chantaient le sel » par un cri ou couplet connu des pratiques », et la ressemblance des cris fit que « plus d’un meurtre fut perpétré de cette façon »2. En 1998, une revue savante de toponymie l’enseigne à son tour : « À Biollet, le hameau de Termes est la limite de la zone franche de tout droit de gabelle […] aux XVIIe et XVIIIe s., Biollet est le refuge de tous les faux-saulniers du pays »3. On la lit aujourd’hui sur le site de la commune d’Espinasse4.
Avant de la passer au crible, commençons par l’impôt lui-même.
La gabelle : un impôt à géométrie variable
Le mot vient de l’italien gabella, lui-même de l’arabe, et désigne d’abord n’importe quelle taxe ; en France, il s’attache au sel quand Philippe VI, en 1342, fait de sa vente un monopole royal et crée les greniers à sel, à titre provisoire5. Le provisoire durera quatre siècles et demi, et la gabelle sera l’impôt le plus détesté du royaume : prélevé sur une denrée dont personne ne peut se passer, ni pour manger, ni pour conserver le cochon, ni pour les bêtes. Le riche et le pauvre salent leur soupe à peu près de la même façon ; ils paient donc à peu près la même chose, ce qui revient à faire payer beaucoup plus le pauvre. D’autant que les rôlesa de l’impôt du sel exemptaient « en général, le curé et le seigneur du lieu », et que le roi faisait aux privilégiés des « distributions gratuites »6.
Mais le royaume est loin d’être uniforme. Selon la province, le même sel relève de six régimes différents, des provinces franches comme la Bretagne, où il ne vaut que quelques sous le quintalb, aux pays de grande gabelle, en passant par les pays de salines, le « quart-bouillon » normand et les pays de petite gabelle7. Deux de ces France nous intéressent :
- les pays de grande gabelle (Île-de-France, Berry, Bourbonnais…), où le sel se paie 55 à 60 livres le quintal et où chaque foyer doit acheter une quantité minimale, le « sel du devoir » ;
- les pays rédimés (Poitou, Limousin, Auvergne…), qui ont racheté l’impôtc : le sel n’y vaut que 9 à 11 livres le quintal en Basse-Auvergne, « soit encore le prix de deux setiers de seigle ou de six ou sept moutons », quand le quintal du Bourbonnais et du Berry coûte « le prix de deux bonnes vaches »7. Chez nous, le setier de seigle pesait une centaine de kilos : les 49 kilos d’un quintal de sel se payaient donc environ deux cents kilos de grain.
Autrement dit, le sel coûte cinq à six fois plus cher à quelques lieues au nord de chez nous, en Bourbonnais. On devine la tentation.

Biollet en 1686 : pas de gabelle
De quel côté de la ligne étions-nous ? Un document administratif répond. En 1686, l’intendant de la généralité de Moulins dresse un procès-verbal de toutes les paroisses de sa circonscription. Biollet en fait partie, au sein de l’élection de Gannat8 :
Biollet. — Seign. : le Sr d’Ambrugeas. Terroir, gouvern. et év. comme dessus ; 120 feux. Taille des années 1683-87 : 2200 liv., 2200, 2200, 1930, 1900.
Environ deux mille livres de taille par an : or la taille, impôt direct dont la noblesse et le clergé étaient exemptés, retombait tout entière sur les paysans. Le seigneur est un Valon du Boucheron d’Ambrugeac (voir notre billet sur les seigneurs de Biollet), la paroisse compte 120 feux… et c’est tout. Les paroisses bourbonnaises de la même généralité portent au contraire une mention du type « Gabelles : 5 setiers 2 minots de sel », c’est-à-dire la quantité de sel imposée. Rien de tel pour Biollet, Espinasse ou Saint-Gervais : nous sommes bien en pays rédimé. L’intendant le dit aussi des élections voisines de Guéret et de Combraille : on n’y trouve pas de grenier à sel d’impôt « parce qu’elles ne sont point sujettes à la gabelle »9.
Il note aussi un autre casse-tête fiscal : l’élection de Gannat étant « mi-partie des paroisses d’Auvergne et Bourbonnois », les habitants doivent prendre un passavant (un laissez-passer) pour transporter leurs denrées d’une paroisse à l’autre, et l’on propose de tracer une ligne droite « de Châtel-Montagne à Montaigut-en-Combraille »9. La ligne du sel, on va le voir, était beaucoup moins droite.
Une frontière surveillée bien en deçà de la frontière
Si Biollet ne payait pas la gabelle, pourquoi des gabelous chez nous ? Parce qu’à la fin du XVIIe siècle, la Ferme générale, compagnie de financiers privés qui avançait au roi le produit des impôts et se remboursait largement sur les contribuablesd, obtient de surveiller une zone frontière de plusieurs lieues, côté pays rédimé10. Les habitants y sont contrôlés : ils ne peuvent acheter leur sel que dans des greniers de vente volontaire désignés, et en quantité limitée à leurs besoins ; on leur refusait même souvent le sel nécessaire. Entre le Cher et la Sioule, le grenier de Saint-Gervais et Menat fournit 32 paroisses, celui de Montaigut le reste11.
Et Biollet ? Surprise : Biollet n’en faisait pas partie. « Seules étaient en dehors de la juridiction de ces deux greniers et par conséquent pays de vente libre, les paroisses de Saint-Priest-des-Champs, Biollet, Charensat, Miremont, Tralaigues, Villossanges, le Montel-de-Gelat et la collecte d’Hautesserre, paroisse de Dontreix »11. À Biollet, on achetait son sel où l’on voulait, comme dans le reste de l’Auvergne. Juste à côté, à Espinasse et à Saint-Gervais, on l’achetait au grenier, sous l’œil des gardes. La ligne qui séparait le sel libre du sel surveillé passait donc entre Biollet et Espinasse. Mais où exactement ? Une carte y répond.
Une carte des contrôles des gabelles dressée au XVIIIe siècle pour la Ferme, sur la frontière de la Marche, de la Combraille et de l’Auvergne, montre ce dispositif12. On y lit, autour de Biollet :
- « Ville franche », entre « CH de bioulet », le château de Biollet au Cheix, et Espinasse ;
- une brigade à pied à Roche-d’Agoux ;
- à Saint-Gervais, un contrôle et une brigade à pied ;
- et surtout une ligne pointillée, rehaussée de couleur, qui marque la limite du ressort des greniers. Elle laisse à l’extérieur le bourg de Biollet, Saint-Priest-des-Champs et Charensat, mais enferme le château de Biollet, la Villefranche et Espinasse.
Les deux sources ne se recouvrent pas tout à fait. La liste des paroisses met Biollet tout entier en vente libre, ce qui place la limite à la Villefranche, partagée entre les deux paroisses, sans dire où dans le hameau ; la carte, schématique et sans date, la fait passer entre le bourg et le Cheix, ce qui met la Villefranche du côté surveillé. Le ressort était en principe défini par paroisses, et le dessinateur a pu simplifier ; la liste et la carte peuvent aussi refléter deux états différents. Retenons ce que les deux permettent d’affirmer : la limite du ressort passait à la Villefranche ou à ses portes. C’est, à notre avis, le vrai fond de ce qu’on nous a raconté : il y avait bien une frontière du sel dans le hameau ou tout contre, mais pas celle qu’on croit.

De l’autre côté de la ligne, le grenier de Saint-Gervais et Menat, qui subsista jusqu’en 1790, ne se contentait pas de vendre le sel : il avait aussi son tribunal, où président, lieutenant, grènetier, greffier et sergent jugeaient en première instance les contraventions à l’impôt du sel13. C’est sur leur ordonnance, nous le verrons, qu’on enterrait les faux-sauniers tués par les gardes.
La brigade d’Espinasse
Avant même qu’Espinasse ait la sienne, les gabelous étaient déjà nos voisins. En 1686, le procès-verbal de l’intendant range, à Saint-Gervais comme à Roche-d’Agoux, « la brigade des gabelles » parmi les exempts de taille14 : ces gardes de la Ferme ne payaient pas l’impôt des paysans, ce qui ne devait pas les rendre plus populaires.
Une brigade des gabelles s’installe ensuite à Espinasse, et devient l’une des plus actives de la région. Elle n’existe pas encore en 1686, mais compte sept hommes en 1698, contre six à Saint-Gervais : c’est l’une des mieux fournies des 35 brigades à pied que la direction des gabelles de Moulins entretenait le long de la frontière15. On connaît quelques-uns de ses hommes. En décembre 1704, « Jean Derval, capitaine de la brigade d’Espinasse, de présent à St Gervais, âgé de 30 ans ou environ », témoigne dans le procès d’un chef de bande ; il dit avoir pris part, quelques mois plus tôt, à l’affaire de Villefranche-d’Allier, où un garde fut tué16. Les gabelous d’Espinasse ne gardaient donc pas seulement le pas de leur porte : on les envoyait jusqu’en Bourbonnais. Viennent ensuite François Farghen, « garde des Gabelles, à Espinasse », en 1709 ; Dupré, ancien juge du grenier, capitaine de la brigade en 1711 ; Desmorels, capitaine en 171415.
Leurs méthodes étaient expéditives. Les registres paroissiaux de Saint-Gervais en gardent la trace17 :
Aujourd’hui, vingtième mai 1721, a été inhumé, dans le cymetière de cette paroisse, par moy curé soussigné, Nicolas Guillot, originaire de la paroisse d’Isle, en Berry, accusé de faussaunage, homicidé par le nommé Dupré, capitaine à Espinasse […]
Aujourd’hui, trentième janvier 1729, a été inhumé dans cette paroisse, par ordonnance des juges des dépôts de Saint-Gervais, le nommé Piène, homicidé du jour d’hier par la brigade d’Espinasse, accusé de faussaunage […]
La méthode tient en une phrase : « Si la prise est difficile au cours de l’embuscade, le faux saunier est tout bonnement « homicidé » et on retrouve la trace de son inhumation au chef-lieu du dépôt des sels, après ordre donné par le juge »17. Le 14 mars 1721, c’est Gilbert Mansat, de Servant, « accusé de faux saunage, âgé d’entour quarante ans », tué par la brigade de Saint-Angel et enterré à Saint-Gervais17. Le registre de Saint-Gervais en garde un autre, que les historiens n’ont pas relevé : le 4 septembre 1732, on y inhume, « par ordonnance de Mr le président des gabelles », « un homme inconnu accusé de faux saunage » ; le bord de la page est déchiré, et avec lui le mot qui disait ce que lui avaient fait « les employés de la brigade ». On ne sut même pas son nom18.
La guerre n’était pas à sens unique. Un 25 février, dans une année que notre source ne précise pas, Pierre Lanzer dit La Faugère, employé de la brigade d’Espinasse, est retrouvé mort, « blessé de plusieurs coups », dans le communal du Maset ; on l’enterre dans l’église d’Espinasse, près des fonts baptismaux. Il avait 66 ou 67 ans19.
Et la brigade savait aussi s’acharner sur les petits. En 1733, elle soupçonne quatre paysans de Saint-Hilaire-de-Pionsat d’être des faux-sauniers « de profession » ; faute de les prendre sur le fait, elle fouille leurs maisons et trouve en tout quatre balles de sel. Les juges du dépôt de Montaigut et Pionsat les acquittent : c’était leur provision. L’affaire aurait dû s’arrêter là. Mais l’adjudicataire des gabelles, qui tenait à ferme l’impôt du sel dans le pays, fait appel ; or il est « le propre frère » de M. Georges, le subdélégué de Montaigut, c’est-à-dire le représentant de l’intendant dans la régione. Et le subdélégué garde les acquittés en prison « sur sa propre autorité »20. On ne parlait pas encore de conflit d’intérêts ; la chose se passait très bien du mot. Même l’expert consulté par l’intendant juge l’appel « non soutenable » ; on ignore pourtant comment l’histoire finit.
Voilà pour les gardes. Quant à ceux qu’ils guettaient, les faux-sauniers eux-mêmes, nous leur consacrerons le prochain billet.
Ce qui reste de la légende
Que retenir, alors, de ce que raconte le livre ? D’abord, que les quatre témoins de la tradition n’en font qu’un. Tardieu l’écrit lui-même : « C’est la tradition locale » ; il note ce qu’on lui a raconté, et on nous en raconte encore une bonne part cent trente ans plus tard. Pauly, en 1946, ne cite que Tardieu, et y ajoute les meurtres de son cru ; la revue de 1998 n’indique pas sa source ; le site d’Espinasse ne cite personne. Chaque auteur recopie le précédent, aucun n’est retourné aux archives : l’histoire de veillée est devenue fait d’histoire à force d’être imprimée, non d’être vérifiée. Reprenons-la point par point.
La Villefranche doit-elle son nom à la gabelle ? Non. Comme nous l’avons vu dans nos billets sur la Villefranche et sur les villes franches de Biollet et de Termes, le nom vient d’une « ville franche » fondée en 1261 par Guillaume de Roche-d’Agoux et Alfonse de Poitiers, quatre-vingts ans avant que le roi ne fasse du sel un monopole. Un historien de la Combraille l’avait déjà écrit en 1956 : l’explication par la gabelle « n’était pas exacte », puisque le dépôt de sel de Saint-Gervais ne date que de la fin du XVIe siècle21. Il ajoutait que la limite des pays de greniers passait « bien plus au sud, en bordure des paroisses du Montel-de-Gelat et de Dontreix » ; sur ce point, ses propres sources le contredisent, puisque la liste des paroisses de vente libre tirée des archives place Biollet hors du ressort du grenier de Saint-Gervais, et Espinasse dedans21. La limite passait donc bien là, mais c’était celle des greniers de vente volontaire, à l’intérieur d’un pays où personne ne payait la gabelle. Le même auteur affirmait que le hameau est appelé « La Vialle » par tous les gens du pays, comme le disait déjà Tardieu ; mais au pays on dit la Villefranche, et « les Vialles » est un autre lieu-dit, près de Termes et de Chantessel22. La tradition n’a rien perdu de sa vigueur : la route qui traverse la Villefranche s’appelle depuis 2024 « Route de l’Or Blanc »23.
Y avait-il un grenier à sel à la Villefranche ? Le livre de 1892 l’affirme, et le site d’Espinasse le répète ; rien ne l’atteste. Le procès-verbal de 1686, les listes de greniers et toutes les études placent le dépôt et le grenier à Saint-Gervais11. En revanche, la brigade des gabelles résidait à Espinasse, dont dépend une partie de la Villefranche, et la limite du ressort du grenier passait tout près : c’est sans doute là l’origine de la confusion. Quant au « garde des gabelles tué à Villefranche » en 1704, qu’on a parfois rapproché de notre hameau, il s’agit de Villefranche-d’Allier, en Bourbonnais : l’affaire eut lieu le 6 mai 1704 « près de Villefranche-d’Allier », et l’érudit qui a copié les pièces aux Archives nationales l’indexe lui-même sous « Villefranche (Allier) »24.
Biollet était-il le « refuge de tous les faux-saulniers du pays » ? En 1743, l’administration, qui recense les paroisses de pays libre où les faux-sauniers viennent prendre leur sel, n’en signale aucun à Biollet25. Le grand marché de la contrebande était au Montel-de-Gelat, et c’est là que nous mènera le prochain billet.
Termes marquait-il la limite de la gabelle ? Ce sont les livres qui l’affirment, celui de 1892 et la revue de 1998 après lui. Ce n’était pas la limite des pays de grande gabelle : celle-ci passait vingt-cinq à trente-cinq kilomètres plus au nord, de la Sioule près de Chouvigny jusqu’à Néris, en contournant Montaigut ; Menat, Montaigut, Pionsat et Échassières restaient du côté du sel libre, Commentry, Néris et Montluçon payaient la grande gabelle12. Ni même la limite de la zone surveillée : celle-ci passait au nord du bourg, entre le bourg et le Cheix, et Termes restait du côté libre, comme Villossanges et le Montel-de-Gelat11. Termes était donc entouré de sel libre. Et la « ville franche » que Termes eut au XIIIe siècle, comme nous l’avons vu dans un précédent billet, n’avait pas plus à voir avec le sel que celle de la Villefranche. Le livre de 1892, dans sa notice sur Termes, se contredit d’ailleurs : « On a cru qu’il rappelait la limite des gabelles ; mais l’origine est presque sûrement romaine », le nom indiquant « les confins ou termes (limites) de l’Auvergne et du Limousin »26. Tardieu avait donc deux explications, à près de cent quatre-vingts pages d’écart ; c’est la plus pittoresque, celle de la page 47, que ses successeurs ont recopiée.

Chantessel vient-il de « chanter le sel » ? C’est ce qu’on appelle une étymologie populaire : le nom du hameau a fait naître la légende, et non l’inverse. L’expression ne se rencontre d’ailleurs nulle part ailleurs, et pour cause : quand les gabelous « homicidaient » sans trop de façons, un contrebandier avisé passait son chemin en silence plutôt que de pousser la chansonnette pour annoncer sa venue. Les toponymistes proposent une tout autre origine, bien plus ancienne : le nom viendrait du gaulois Canto-ux-ello-, la « Haute-Limite ». Les deux éléments sont bien connus : canto- désigne un bord, une limite ; uxello-, un lieu élevé, celui qu’on retrouve dans Ussel, Usson ou Issoudun (Uxellodunum). Notre Chantessel a trois homonymes, les Chantossel de Lachapelle-sous-Chanéac (Ardèche), d’Espirat et de Saint-Anthème (Puy-de-Dôme), celui d’Espirat étant lui aussi proche d’une ancienne frontière entre deux pagi27.
Chantessel garderait donc le souvenir d’une limite, mais bien plus ancienne que la gabelle ; Termes aussi, peut-être, et nous lui consacrerons un prochain billet. Notons seulement que la tradition voit la gabelle un peu partout : dans la forêt de Drouille, à Dontreix, on montre encore les « tranchées de la gabelle » où les gabelous se seraient embusqués pour guetter les faux-sauniers. Ce sont, selon toute vraisemblance, des tranchées de recherche minière28.
Reste l’essentiel, qui est bien réel : pendant tout le XVIIIe siècle, nos hameaux vivaient à l’ombre d’une frontière fiscale. D’un côté le sel libre de Biollet ; de l’autre le grenier surveillé d’Espinasse et de Saint-Gervais ; entre les deux, des gabelous qui tiraient parfois avant de sommer, et des bandes armées qui ne demandaient pas leur chemin. La suppression de la gabelle, « cause innée de tout le mal », aurait été « le seul remède contre le faux saunage »29. Un historien bourbonnais le résumait en 1946 : avec « la rapacité des fermiers » et « l’appétit du lucre par les prises » chez les gardes, « la répression de la fraude fit autant que l’impôt lui-même pour le développement organisé de la contrebande »30.
La gabelle, elle, finit par disparaître avec la Révolution : l’Assemblée constituante la supprime en mars 1790, et le grenier de Saint-Gervais ferme ses portes la même année. Il ne faudra pourtant que seize ans pour que Napoléon rétablisse un impôt sur le sel, en 1806 ; il durera jusqu’à la loi de finances du 31 décembre 194531. Depuis, le sel paie la TVA, comme tout le monde. Le fisc n’oublie jamais une bonne idée.
Aveu : ce billet aussi doit beaucoup à une intelligence artificielle, qui a lu les registres, confronté les auteurs et proposé un premier texte. Elle se trompe parfois, et ses sources se recopient volontiers les unes les autres : j’ai vérifié autant que faire se peut.
Notes
- a. Le rôle d’un impôt est la liste, dressée chaque année paroisse par paroisse, des contribuables et de ce que chacun doit payer ; le collecteur s’en sert pour lever l’argent, et l’on peut y lire, en creux, qui en est dispensé. Dans les pays de grande gabelle, le rôle du sel fixait pour chaque feu la quantité de « sel du devoir » à acheter. Le mot vient du rouleau de parchemin sur lequel ces listes étaient écrites. Il a survécu dans « rôle d’imposition », que l’administration fiscale emploie toujours : on a changé de support, pas de principe.
- b. Le quintal de l’Ancien Régime vaut cent livres, et la livre « poids de marc » 489,5 grammes : le quintal fait donc environ 49 kilos (Semonsous, 2005, p. 36). Rien à voir avec le quintal « métrique » de cent kilos, venu avec le système métrique, que l’on emploie encore pour les récoltes : même nom, deux fois plus lourd.
- c. Les pays rédimés (« rachetés ») avaient obtenu, moyennant un supplément de taille appelé « équivalent », d’être dispensés de la gabelle proprement dite. La Basse-Auvergne l’était depuis 1453 ; le Poitou, la Saintonge, le Limousin, la Marche et le Périgord rachetèrent l’impôt en 1549 pour 450 000 livres. Il n’y restait que la « gabelle réelle », un droit perçu au départ des dépôts, et chacun y achetait la quantité de sel qu’il voulait (Semonsous, 2005, p. 122 ; Pauly, 1946, p. 11). Payer une fois pour ne plus payer ensuite : c’est le seul impôt dont les Auvergnats se soient jamais félicités.
- d. La Ferme générale est la compagnie de financiers à qui le roi afferme, à partir du bail de 1681, la perception des gabelles, des douanes et des aides : elle verse au Trésor une somme convenue d’avance et garde pour elle tout ce qu’elle perçoit en plus. Elle entretient ses propres tribunaux, ses gardes (les « gabelous ») et ses prisons. Quarante, puis soixante fermiers généraux se partageaient ce bail, dont les fortunes firent scandale jusqu’à la Révolution ; vingt-huit d’entre eux, dont le chimiste Lavoisier, furent guillotinés le 8 mai 1794 (Pauly, 1946, p. 27-29 et 47). L’impôt était privatisé avant que le mot n’existe.
- e. Le subdélégué représente l’intendant, lui-même représentant du roi dans la province, dans un district appelé subdélégation. Choisi parmi les notables du pays, souvent un homme de loi, il transmet les ordres, mène les enquêtes et surveille la police et les impôts.
Références
- 1. Tardieu et Madebène, Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d’Auvergne, 1892, p. 47-48 ; notice « Chante-Sel ou Chantassel », p. 156-157 ; notice « La Villefranche », p. 189 (« C’était un lieu de franchise pour le sel […], d’où son nom significatif »).
- 2. Pauly, Grenier à sel de Montluçon et faux-saunage en Combraille, 1946, p. 37-38, qui ne cite que Tardieu en note. Seule mention de Biollet dans tout l’ouvrage.
- 3. Billy, « Les limites territoriales dans la toponymie de la France », Nouvelle revue d’onomastique, 1998, p. 164, sans indication de source dans ce passage. Chaîne probable : Tardieu 1892 → Pauly 1946 → Billy 1998.
- 4. Commune d’Espinasse, page « Histoire » de son site, consultée en septembre 2026, qui reprend le récit de 1892 sans le citer.
- 5. Ordonnance de Philippe VI du 20 mars 1342 (nouveau style), « aions ordené certains greniers ou gabelles du sel estre faiz par notre royaume », Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. II, p. 179-180, citée par J.-M. Vallez, « Circonscriptions et régimes de l’impôt sur le sel en Normandie », Annales de Normandie, hors-série, 1982, p. 549. L’impôt, levé pour un temps, ne fut jamais abandonné et fut confirmé par le régent Charles en 1359 (Wikipédia, « Gabelle du sel », consulté le 14 octobre 2026). Les dates varient selon les auteurs, l’année commençant alors à Pâques : Semonsous, 2005, p. 121, écrit « 20 mars 1340 », Pauly, 1946, p. 9, « 1342 », et l’on trouve aussi 1343. Étymologie (italien gabella, de l’arabe al-qabāla) et première mention en 1246 sous saint Louis : Semonsous, p. 121.
- 6. Pauly, 1946, p. 17 (les rôles de gabelle « indiquent également les exemptés qui sont, en général, le curé et le seigneur du lieu ») ; p. 10, d’après J. Cornillon, Le Bourbonnais sous la Révolution française, t. I, p. 81 : « aux privilégiés, aux seigneurs, le roi faisait des distributions gratuites ». Ces rôles concernent les pays de grande gabelle, comme le Bourbonnais, pas l’Auvergne.
- 7. Semonsous, En Combraille au XVIIIe siècle, 2005, p. 122 : provinces franches (Bretagne, Artois, Flandre : 2 à 9 sous le quintal), pays de salines (Saintonge, Poitou, Guyenne : un quart du droit), quart-bouillon (Normandie), grande gabelle (55 à 60 livres), petite gabelle (28 à 31 livres), pays rédimés (6 à 12 livres ; 9 à 11 en Basse-Auvergne). Les prix sont ceux du XVIIIe siècle, pour un quintal de 100 livres, environ 49 kg. Setier de seigle : dans la justice de Roche-d’Agoux, dont relevait Biollet, huit boisseaux de 26 livres, soit 208 livres (environ 102 kg) ; 240 livres à Saint-Gervais (Semonsous, 2005, p. 36-37). Voir aussi Huvet-Martinet, 1978, p. 385-386.
- 8. Argouges, Procès-verbal de la généralité de Moulins dressé en 1686, éd. Vayssière, 1892, élection de Gannat (Gallica, vue 196). La graphie de l’édition est « Biollet » ; « év. comme dessus » renvoie au gouvernement d’Auvergne et à l’évêché de Clermont. Espinasse, « près Roche-d’Agout », y compte 100 feux, Saint-Gervais 180.
- 9. Argouges, 1686, éd. Vayssière, chapitre des traites foraines et des gabelles (Gallica, vues 57 et 59).
- 10. Semonsous, 2005, p. 125-126 (archers des gabelles postés « en principe à des distances de cinq lieues des pays de gabelle », d’après le mémoire de l’intendant Le Vayer, 1698) ; Pauly, 1946, p. 14 (arpentages de 1667 « à cinq lieues des pays de gabelle, dans l’intérieur des pays rédimés ») ; Huvet-Martinet, « Faux-saunage et faux-sauniers dans la France de l’Ouest et du Centre à la fin de l’Ancien Régime (1764-1789) », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1978, p. 386.
- 11. Semonsous, 2005, p. 123, d’après AD63, C 1733 ; liste des greniers de vente volontaire p. 123 (Saint-Pourçain, Cusset, Thiers, Maringues et Lezoux, Aigueperse, Riom, Ébreuil, Saint-Gervais et Menat, Montaigut, Auzances…) ; sièges de juridiction des dépôts p. 125. Argouges, 1686, et Chabrol, cités par Semonsous, p. 87 et 123, placent aussi le dépôt à Saint-Gervais.
- 12. Carte des contrôles establis pour la conservation des droits de la ferme generale des gabelles de France sur la frontière des provinces de la Marche, Combraille et Auvergne, attribuée à de Miremont, XVIIIe siècle, BnF, GE D-13872 (Gallica, btv1b5970242m). La notice de la BnF précise : « 1 feuille manuscrite sur vélin, avec limites coloriées » ; la limite du ressort des greniers y est une ligne pointillée rehaussée d’un lavis, qui passe entre le bourg de Biollet et le château du Cheix.
- 13. Tardieu et Madebène, 1892, p. 47 et 49 (grenier jusqu’en 1790, composition du tribunal) ; vente volontaire : Semonsous, 2005, p. 123.
- 14. Argouges, 1686, éd. Vayssière, élection de Gannat : Saint-Gervais (180 feux, Gallica, vue 195) et Roche-d’Agoux (36 feux, vue 198), « Exempts : la brigade des gabelles ».
- 15. Argouges, 1686 (brigades à Saint-Gervais et Roche-d’Agoux, aucune à Espinasse) ; Pauly, 1946, p. 39-40 et n. 1 (brigades établies en 1690 à Saint-Gervais et Roche-d’Agoux ; effectifs de 1698 : Saint-Gervais 6 hommes, Espinasse 7, Vergheas 8) ; Semonsous, 2005, p. 125 (liste des 35 brigades à pied, dont Saint-Gervais, Espinasse, Vergheas et Bussières, d’après Le Vayer, 1698, p. 155-156) et p. 144 (« des gabeleurs actifs sans doute puisqu’on en parle souvent ») ; Tardieu et Madebène, 1892, p. 49 (Farghen, Dupré, Desmorels, et d’autres employés de 1685 à 1717).
- 16. Delvaux, Gabeleurs et faux sauniers sur les confins du Bourbonnais et de l’Auvergne, 1691-1713, manuscrit, Bibliothèque de Moulins, MS 116, p. 89 (déposition de Jean Derval, décembre 1704) ; l’affaire de Villefranche-d’Allier, 6 mai 1704 : Pauly, 1946, p. 41.
- 17. Actes de 1721 et 1729 : registres de Saint-Gervais (AD63, 6E/3/374), transcrits par Tardieu et Madebène, 1892, p. 48, et Semonsous, 2005, p. 135 (qui donne aussi l’acte de Gilbert Mansat du 14 mars 1721 et la phrase sur le faux-saunier « homicidé »). Pauly, 1946, p. 41, lit « le nommé Pierre » au lieu de « Piène » : à vérifier sur le registre.
- 18. Registre paroissial de Saint-Gervais, 4 septembre 1732, AD63, 6 E 374 1, vue 300 (archives en ligne), lecture faite le 14 octobre 2026 : « Aujourd’huy quatriesme septembre 1732 a esté inhumé par ordonnance de Mr le président des gabelles du dépost de St Gervais, un homme inconnu accusé de fauxsau[nage …] par les employés de la brigade du dépost de St Gervais » ; signé Boulon, curé. Le bord droit du feuillet est déchiré. La collection en ligne présente une lacune de 1707 à 1730 : les actes de 1721 et 1729 n’y figurent pas.
- 19. Registre d’Espinasse, AD63, 6E/3/152, cité par Semonsous, 2005, p. 135, qui ne donne pas l’année.
- 20. Semonsous, 2005, p. 144, d’après le rapport du subdélégué Georges à l’intendant (affaire d’Annet, Gilbert et Pierre Lardy, d’Insat, et de Jean Ducourthial, 1733 ; l’avis « non soutenable » est celui de M. de Pincepré, directeur des tabacs ; « Nous n’avons pas trouvé la suite de cette controverse judiciaire »). Le subdélégué de Montaigut s’appelle Georges de Montcloux en 1743 (p. 126).
- 21. Semonsous, 2005, p. 87 (article de 1956 repris dans le volume). La liste des paroisses de vente libre, p. 123, tirée d’AD63, C 1733, range Biollet hors du ressort des greniers de Saint-Gervais et de Montaigut, alors qu’Espinasse en relève ; la « limite des pays de greniers » passait donc entre les deux paroisses, non « bien plus au sud ».
- 22. « La Vialle » : Tardieu et Madebène, 1892, p. 47 et 189 ; Semonsous, 2005, p. 87. Le lieu-dit « les Vialles », près de Termes et de Chantessel : cadastre actuel de Biollet. Sur le nom Vialle, voir Cassagne et Korsak, Les noms de lieux du Puy-de-Dôme, 2006, p. 336-337.
- 23. IGN, BD TOPO, 2026 ; voir la photographie de la plaque dans notre billet sur la Villefranche.
- 24. Semonsous, 2005, p. 127 (« En 1704, l’intendant de Moulins s’alarme de la mort d’un garde des gabelles tué à Villefranche ») ; Pauly, 1946, p. 41 (6 mai 1704, « près de Villefranche-d’Allier ») ; Delvaux, MS 116, table alphabétique, p. 165 (« Villefranche (Allier) »), et déposition de Jean Derval, p. 89.
- 25. AD63, C 1733, cité par Semonsous, 2005, p. 126. « Refuge de tous les faux-saulniers du pays » : Billy, 1998, p. 164.
- 26. Tardieu et Madebène, 1892, p. 225, notice « Termes » : « Le nom de ce lieu indiquerait les confins ou termes (limites) de l’Auvergne et du Limousin, étant placé sur la voie romaine de Clermont à Évaux. On a cru qu’il rappelait la limite des gabelles ; mais l’origine est presque sûrement romaine ; les Romains appelaient fines (limites, termes), tous les confins des divers peuples ; c’est, ici, le cas. »
- 27. J. Lacroix, Les frontières des peuples gaulois, t. 1, 2020, p. 483, article « Ūxo- », qui renvoie pour Termes et Laurière à J.-P. Chambon, 2001, p. 91-92 et 98. Sens de canto- et uxello- : R. Brunet, Trésor du terroir, 2016. Les distances sont celles de Lacroix.
- 28. P. Rigaud, « Les minières de la Combraille », Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, 1998 : « tranchées de la gabelle » de la forêt de Drouille, « vraisemblablement des tranchées de recherche minière ».
- 29. Semonsous, 2005, p. 146.
- 30. Pauly, 1946, p. 25.
- 31. Suppression de la gabelle par la série de décrets de l’Assemblée constituante des 14 au 22 mars 1790, les articles sur la gabelle étant adoptés à la séance du 21 mars (Archives parlementaires, 1re série, t. XII, p. 289) ; rétablissement d’un droit sur le sel en 1806 ; suppression par la loi de finances du 31 décembre 1945 ; le sel est aujourd’hui soumis à la TVA : ministère de l’Économie, Service des archives économiques et financières, « La gabelle et les taxes sur le sel, une longue histoire », en ligne (consulté le 2 octobre 2026). Pauly, 1946, p. 10, date à tort l’abolition de septembre 1792.
Sources
- Ambroise Tardieu, Augustin Madebène, Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d’Auvergne, Clermont-Ferrand, 1892, p. 47-49 (grenier à sel, brigade d’Espinasse), 156-157 (Chante-Sel), 189 (La Villefranche), 225-226 (Termes) — Gallica.
- Florent d’Argouges, Procès-verbal de la généralité de Moulins dressé en 1686, éd. A. Vayssière, Moulins, 1892 — Gallica (traites et gabelles : vues 57-59 ; élection de Gannat : vues 195-198).
- Carte des contrôles establis pour la conservation des droits de la ferme generale des gabelles de France sur la frontière des provinces de la Marche, Combraille et Auvergne, attribuée à de Miremont, XVIIIe s., BnF, GE D-13872 — Gallica.
- Roger Delvaux, Gabeleurs et faux sauniers sur les confins du Bourbonnais et de l’Auvergne, 1691-1713. Documents historiques inédits recueillis aux Archives nationales, manuscrit autographe, Bibliothèque de Moulins, MS 116, p. 89 et 165 (publié à Moulins, Crépin-Leblond, 1909).
- Micheline Huvet-Martinet, « Faux-saunage et faux-sauniers dans la France de l’Ouest et du Centre à la fin de l’Ancien Régime (1764-1789) », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, t. 85, 1978, n° 3, p. 377-400 (p. 385-386) — Persée.
- Joseph Semonsous, En Combraille au XVIIIe siècle, textes réunis sous la coordination de Pierre Charbonnier, Revue d’Auvergne, t. 119, n° 575-576, 2005 : ch. 5, « Le faux saunage en Combraille sous l’Ancien Régime » (reprise d’un article de 1957), p. 121-146 ; et p. 87 (livre papier de David).
- Émile Pauly, Grenier à sel de Montluçon et faux-saunage en Combraille, Moulins, Crépin-Leblond, coll. « Curiosités bourbonnaises », 1946, p. 9-11, 14, 17, 25, 27-29, 37-41 et 47 (livre papier de David).
- Pierre-Henri Billy, « Les limites territoriales dans la toponymie de la France », Nouvelle revue d’onomastique, n° 31-32, 1998, p. 157-198 (Biollet : p. 164) — Persée.
- Jacques Lacroix, Les frontières des peuples gaulois, t. 1 : Grands thèmes limitrophes, Fouesnant, Yoran Embanner, coll. « Légendes d’Europe », 2020, 560 p., p. 483 (livre papier de David).
- Jean-Pierre Chambon, « Les limites méridionales de la cité des Arvernes et la toponymie : pérennité du cadre géopolitique, unité et horizons de relations de l’Arvernie aux époques antiques et tardo-antiques », dans Mélanges de dialectologie, toponymie, onomastique offerts à Gérard Taverdet, Dijon, ABELL, 2001, p. 91-92 et 98 (cité par Lacroix ; non consulté).
- Roger Brunet, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France, Paris, CNRS Éditions, 2016 (éléments canto- et uxello-).
- Pierre Rigaud, « Les minières de la Combraille », Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, 1998.
- Jean-Pierre Cassagne, Mariola Korsak, Les noms de lieux du Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand, 2006, p. 336-337 (« Vialle »).
- Ministère de l’Économie, Service des archives économiques et financières, « La gabelle et les taxes sur le sel, une longue histoire », economie.gouv.fr.
- Commune d’Espinasse, Histoire.