La Villefranche : un village neuf du XIIIe siècle
À l’extrémité nord de la commune, à cheval sur Espinasse et Biollet, se trouve le hameau la Villefranche. Nous l’avions croisé en dressant la liste des hameaux et lieux-dits de Biollet, avec cette particularité d’être partagé entre deux communes. Son nom n’est pas un hasard : il garde la mémoire d’une fondation seigneuriale du milieu du XIIIe siècle, et il n’est pas la seule « ville franche » que Biollet ait connue : nous consacrons un autre billet à celles du bourg et de Termes.
Le contexte : Alfonse de Poitiers et la Terre d’Auvergne
Au début du XIIIe siècle, Philippe Auguste s’empare de l’Auvergne (1210-1213). Les terres conquises forment la « Terre d’Auvergne ». Dans son testament de juin 1225, le roi Louis VIII prévoit de la donner, avec le Poitou, à l’un de ses fils cadets, Alfonse de Poitiers (1220-1271) : c’est son apanagea. L’enfant n’a alors que quatre ans. Il n’entre en possession de ces terres qu’en 1241, à vingt ans, lorsque son frère aîné, devenu le roi Louis IX (saint Louis), l’arme chevalier à Saumur et l’en investit1. La Combraille auvergnate, elle, avait d’abord été occupée par le seigneur de Bourbon, qui en avait conservé la gardeb ; elle ne revient aux Capétiens qu’en 1248-1249, et forme alors deux prévôtésc dont les sièges sont Roche-d’Agoux (Rochedagoux) et Châteauneuf (-les-Bains)2.

Nous l’avons vu dans le billet consacré aux seigneurs de Biollet au XIIIe siècle : Biollet (Bualet) relevait alors de la châtellenied de Roche-d’Agoux, tandis que Termes relevait de Châteauneuf3.
Pour asseoir son autorité dans ces confins, entre les seigneuries voisines du Montel-de-Gelat et de Saint-Gervais4, Alfonse va utiliser un outil juridique alors très répandu : le pariage.
Qu’est-ce qu’un pariage ?
Un pariage (ou paréage) est un contrat par lequel deux seigneurs s’associent pour exercer en commun la seigneurie d’une terre : ils partagent la justice et les revenus, le plus souvent par moitié. Pour le petit seigneur local, l’intérêt est double : il obtient la protection d’un puissant (ici, le frère du roi) et il peut espérer que la fondation d’un village attire de nouveaux habitants — donc de nouveaux revenus. Pour le prince, c’est un moyen de prendre pied dans une seigneurie sans la conquérir. Quant aux paysans, on ne leur demande pas leur avis : ils ne changent pas de maître, ils en subissent un second.
C’est de cette façon qu’Alfonse de Poitiers et ses agents fondent, dans le sud-ouest, les fameuses bastides (Sainte-Foy-la-Grande en 1255, Castillonès en 1259…). En Auvergne, les fondations sont plus modestes. On en connaît cinq qui remontent à des initiatives d’Alfonse : deux à caractère urbain (Riom, le Moûtier de Thiers) et trois à caractère rural : Corne, près de Bourg-Lastic, dès 1256, et deux à Biollet !5
Qu’est-ce qu’une ville franche ?
Le mot ne doit pas tromper : au XIIIe siècle, une villa est un village, pas une ville, et nos « villes franches » sont des hameaux. Une ville franche, ou ville neuve, est un village que le seigneur fonde, ou refonde, sur ses terres, le plus souvent en défrichant un coin de forêt, et où il promet aux habitants des « franchises », c’est-à-dire des libertés. Concrètement, les paysans qui viennent s’y installer savent d’avance ce qu’ils devront, une redevance fixe en argent ou en grain, au lieu d’être taillés « à volonté » ; ils échappent aux servitudes les plus lourdes, comme la mainmorte, qui faisait du seigneur l’héritier du serf mort sans enfants ; et ils peuvent vendre ou léguer leur terre. C’est l’époque où l’Europe défriche et se peuple : un seigneur qui veut mettre en valeur un bois a besoin de bras, et pour attirer des colons, il doit offrir de meilleures conditions que le voisin6. La « liberté » des villes franches est donc d’abord un prix d’appel. Ce n’est pas rien pour ceux qui en profitent ; mais le seigneur ne libère personne par bonté : il place un capital.

Dans les villes, les habitants obtenaient parfois davantage. À Agen, autre domaine d’Alfonse, le premier chapitre du Livre des coutumes oblige tout nouveau seigneur à jurer, devant les habitants, de respecter leurs coutumes7. Rien de tel chez nous. Aucune charte de coutumes n’a été conservée pour les villes franches de Biollet : on connaît leurs actes de fondation, pas les règles qui s’y appliquaient, et les franchises de hameaux de la région ne sont guère connues que par leurs traces dans les aveux des seigneurs8. Le seul serment que nous ayons est celui d’Aleaume de Biollet, en 1258, qui jure au comte, et non à ses paysans, de ne jamais revenir sur leur association9. Quant à ce que valait concrètement cette liberté, ce que les habitants devaient et ce dont ils étaient dispensés, on ne l’entrevoit que quatre siècles plus tard, dans une déclaration de 1669 qui concerne peut-être Termes plutôt que le bourg, et que nous détaillons dans le billet sur les villes franches de Biollet et de Termes.

Ces petites pièces d’argent disent à leur façon ce qu’était le pouvoir d’Alfonse en Auvergne : c’est son nom qui circulait de main en main, jusque dans les foires de la Combraille, et c’est en deniers que les habitants des villes franches devaient payer leurs redevances, dont la moitié lui revenait.
Deux pariages en trois ans
La première des deux fondations de Biollet ne concerne pas notre hameau. En août 1258, Aleaume de Biollet, damoiseau d’une branche cadette de la famille châtelaine de Roche-d’Agoux, associe Alfonse de Poitiers à sa seigneurie du bourg, « afin qu’il y fasse une ville franche »10. Où cette ville franche s’est-elle installée, au bourg ou à Termes, et qu’en est-il resté ? Nous y consacrerons un autre billet, Les villes franches de Biollet et de Termes. Trois ans plus tard, un cousin d’Aleaume fait de même aux confins d’Espinasse, et cette fois, le village a gardé le nom.
La ville franche de 1261
En août 1261, c’est un autre membre de la famille, Guillaume de Roche-d’Agoux, damoiseau, « fils de feu Bertrand de Roche-d’Agoux, chevalier », qui associe Alfonse. En voici le passage essentiel11 :
ad quandam villam francham communem mihi et meis successoribus et dicto domino comiti et ejus successoribus de novo faciendam, forestam meam de Chaumonteyl et nemus meum de la Nogeyra cum suis pertinenciis, et villam meam dau Monteylet cum suis pertinenciis, et nemus ejusdem ville, et villam meam de Gotera et nemus cum suis pertinenciis, et quandam partem nemoris mei de la Chabacera
pour faire à neuf une ville franche commune à moi et à mes successeurs et audit seigneur comte et à ses successeurs, ma forêt de Chaumonteyl et mon bois de la Nogeyra avec leurs dépendances, mon village du Monteylet avec ses dépendances et le bois de ce village, mon village de Gouttière et son bois avec leurs dépendances, et une partie de mon bois de la Chabassière.
Lui aussi scelle l’acte. Son sceau, plus petit (35 millimètres), porte « un lion rampant, contourné, brisé d’un lambel de trois pendants », avec la légende « ✠ S’· W DE RVPE · DEGVLFI · DOMISELLI » (« sceau de Guillaume de Roche-d’Agoux, damoiseau ») ; au revers, un contre-sceau montre un simple lion rampant, sans légende12. Même lion que celui d’Aleaume sur l’acte de 1258, mais tourné dans l’autre sens et brisé d’un lambel différent : deux cadets de la même maison, chacun avec sa marque. L’héraldique servait déjà à dire, en un coup d’œil, qui héritait de quoi.
Guillaume apporte donc :
- sa forêt de Chaumonteyl ;
- son bois de la Nogeyra ;
- son village dau Monteylet et son bois ;
- son village de Gotera (Gouttière) et son bois ;
- une partie de son bois de la Chabassière.
En échange, il percevra la moitié de tous les revenus de la nouvelle ville13. L’acte original décrit en outre précisément les limites du territoire :
- à l’ouest, le chemin qui mène de la Bourgeade au Mazet ;
- au nord, le ruisseau qui coule sous Ladieu et les Rochettes ;
- à l’est, les dépendances de la ville de Gouttières ;
- au sud, le chemin qui va de la Bourgeade au carrefour dau Landat, puis de là à la Chabassière, pour atteindre le chemin appelé Aubianers et le suivre jusqu’au Monteylet14.
Ce Gouttière de 1261 pose d’ailleurs un problème : la paroisse de Gouttières est bien au nord-est de la Villefranche, mais celle de Saint-Julien-la-Geneste s’intercale entre les deux. Ou bien les deux paroisses se sont séparées entre le XIIIe et le XVIe siècle, ou bien il existait à l’est de la Villefranche un autre village de Gouttière, aujourd’hui disparu15.

Une traduction intégrale de l’original, faite au XXe siècle, lit un peu différemment : les repères sont des gasnes, des terrains humides (« la gasne de La Borgade », « la gasne du Maset », « la gasne de Ludieu ») ; le « carrefour » devient le « ruisseau de Laudat », et le chemin s’appelle « chemin d’Aubiavers »16. On y apprend aussi que la limite suivait, près de la Chabassière, « un fossé fait récemment pour la séparation des terres de lad. ville franche »17 : la ville franche de 1261 avait sa frontière creusée de frais.
Ce « ruisseau de Laudat » pourrait être celui de Laussedat (c’est notre hypothèse). Le nom existe toujours tout près : l’« Étang de Laussedat » sur Biollet et le hameau de Laussedat sur Saint-Priest-des-Champs, à un peu moins de quatre kilomètres au sud de la Villefranche18. Et le ruisseau qui passe au pied de cet étang, le Coli, descend justement des abords de la Chabassière. Sur les cartes, il semble naître à l’étang du Cheix, d’où il sort en eau permanente ; mais l’étang est lui-même alimenté par un ruisselet intermittent, que l’IGN appelle déjà « le Coli », et qui prend naissance à quelques centaines de mètres de la Chabassière19. C’est exactement là où la charte fait passer la limite « du ruisseau de Laudat aux terres cultivées de La Chabassière »20. Le plan cadastral de 1834 le confirme presque : le cours d’eau qui longe la limite de Saint-Priest et fait tourner le moulin y est écrit en toutes lettres « Ruisseau de Laussedat »21. Le Coli d’aujourd’hui s’appelait donc encore, il y a deux siècles, le ruisseau de Laussedat. En 1835, Laussedat était d’ailleurs bien plus qu’un étang : un hameau de la commune de Biollet, avec son moulin, sa maison et son jardin, appartenant à Mathieu Joubert, « à Laussedat »22.

Guillaume excepte Ladieu, tenu de lui par son vassal Guillaume de Mazeyras23, et Pramaniat, qui appartient à Richard de Gouttières : « la terre des prés de Magnen »24. Il garde les dîmes et précise que ses propres hommes ne pourront pas être reçus dans la ville franche25 : il ne s’agit pas de vider ses autres villages au profit du nouveau ! La liberté, oui, mais pour les hommes des autres. Les revenus seront perçus par un baile (un agent commun) et partagés par moitié entre les deux seigneurs. On sait ce que valaient parfois ces agents : sous Alfonse, Géraud de Termes, baile de Roche-d’Agoux, fut condamné par les enquêteurs du comte pour rapt avec violence26.
Bourgeade, le Mazet, Ladieu, les Rochettes et Pramaniat sont aujourd’hui sur la commune d’Espinasse ; la Chabassière est sur Biollet. Le territoire de la fondation se trouvait donc exactement à la limite des deux paroisses — ce que confirme la situation du hameau actuel.
Ces terres, Guillaume les tenait déjà d’Alfonse avant la fondation27. On les retrouve d’ailleurs dans la liste des hommages prêtés au comte vers 1260 : un certain W. de Bualet, un Guillaume de Biollet, déclare tenir le mas de Gotira, une terre au-dessus des Prata Manhencs, la forêt de Champ Montelh, le village de Nogira et le mas de Montelh28 : à l’orthographe près, Gouttière, les prés de Magnen, Chaumonteyl, la Nogeyra et le Monteylet, cinq des lieux de l’acte de 1261. Ce Guillaume de Biollet pourrait bien être le Guillaume de Roche-d’Agoux qui fonde la Villefranche, mais un acte de 1245 sème le doute : nous y reviendrons dans un autre billet.
Les écrits l’appellent la Villefranche depuis la seconde moitié du XIIIe siècle29. On a pourtant écrit, à deux reprises, que les gens du pays l’appelaient « la Vialle »30. Or ce nom, qui vient du latin villa et désigne depuis le XIe siècle un village, une terre cultivée et habitée31, désigne chez nous d’autres lieux : il y a un lieu-dit les Vialles près de Termes et de Chantessel32, sans compter les « chez Vialle » et autres hameaux du même nom dans les environs. Confusion entre deux lieux, recopiée d’un livre à l’autre, ou usage aujourd’hui perdu ?
Une tradition locale, mise par écrit à la fin du XIXe siècle, veut que le hameau doive son nom à la gabelle, l’impôt sur le sel : la Villefranche aurait été « franche » parce qu’elle se trouvait du bon côté de la frontière du sel33. La chronologie suffit à écarter l’idée : le nom figure déjà dans la charte de 1261, qui ne parle pas de sel, quatre-vingts ans avant que le roi n’institue la gabelle34, et le dépôt de sel de Saint-Gervais ne date que de la fin du XVIe siècle35. La légende n’est pourtant pas née de rien. Au XVIIIe siècle, la frontière du sel passait bel et bien par le hameau : Biollet était « pays de vente libre », tandis qu’Espinasse dépendait du grenier à sel de Saint-Gervais, et c’est à Espinasse que résidait la brigade des gabelous36. L’explication se trompait donc de siècle : la frontière du sel n’a pas donné son nom à la Villefranche, elle est venue s’y installer bien après. Le sel, lui, n’a pas quitté la Villefranche : la route qui traverse le hameau a été baptisée en 2024 « Route de l’Or Blanc »37, en souvenir de la gabelle et des faux-sauniers. Pour la frontière, c’est mérité. Pour les contrebandiers, c’est plus généreux : un rapport de 1743 sur les paroisses où « les faux sauniers prennent du sel » précise qu’il n’en est « pas signalé » à Biollet38. S’ils sont passés par la Villefranche, ils ont su rester discrets, ce qui est après tout la première qualité d’un contrebandier.


Un village qui a « avalé » ses voisins
La fondation, faite dans un territoire encore largement boisé, semble avoir fait disparaître les deux lieux habités qui existaient auparavant — sans doute de simples hameaux au milieu des bois. Elle donna naissance à un village unique, la Villefranche, plus gros que les localités voisines, qui regroupa la population antérieure et attira de nouveaux habitants. Son plan est « desserré » : plusieurs noyaux de maisons s’égrènent le long d’un chemin39. C’est exactement ce que montre le cadastre de 1834, et ce que montrent encore le cadastre et la photographie aérienne d’aujourd’hui : trois groupes de maisons et de bâtiments agricoles s’égrènent sur quelque 600 mètres le long de la route qui traverse le hameau d’ouest en est, et cette route sert toujours de limite entre les deux communes, Espinasse au nord, Biollet au sud40.

Sur le terrain, aujourd’hui
Plus de sept siècles après, une bonne partie des noms de l’acte figure encore au cadastre d’Espinasse ! La forêt de Chaumonteyl est devenue le lieu-dit Chaumonteix, au nord-ouest de la Villefranche ; Ladieu est Ludieu ; le Pramaniat de Richard de Gouttières, les « prés de Magnen », est Pramagnat, et le cadastre d’Espinasse a même conservé une « Ganne de Pramagnat », c’est-à-dire la gasne des textes — et ces deux lieux, que Guillaume excluait de sa donation, se trouvent justement à l’intérieur du périmètre décrit, comme de petites enclaves. Les Rochettes, le Mazet et la Bourgeade, qui servaient de repères pour les limites, sont toujours là41.
En revanche, le bois de la Nogeyra, le village dau Monteylet, le ruisseau (ou carrefour) de Laudat et le chemin d’Aubiavers (ou Aubianers) n’ont pas laissé de trace dans les noms actuels du cadastre. Pour le Monteylet, c’est logique : la fondation de la ville franche a sans doute absorbé les hameaux préexistants42. Quant à la Chabacera, c’est bien la Chabassière de Biollet : il existe aussi un petit hameau « Chabassière » sur Espinasse, mais il se trouve à l’ouest de la Bourgeade, c’est-à-dire en dehors du périmètre décrit par l’acte43.
Le sous-sol de la Villefranche a aussi son histoire. Près du hameau, le « Creux de Coufoux » (ou « Creux de Coufour ») est une ancienne fosse minière, dont le nom rappelle celui de « Coufetoux », que les habitants de Termes donnent à l’une de leurs fosses44. Le grand filon de quartz réapparaît d’ailleurs « près de la fosse de Coufoux et du bois des Clouziaux (Espinasse) », où existe « une importante tranchée perpendiculaire aux courbes de niveau »45. Les paysans de la ville franche de 1261 cultivaient donc peut-être des champs déjà creusés par des mineurs plus anciens.
La Villefranche aux XIXe et XXe siècles
Si la fondation fut sans doute un succès au XIIIe siècle, la Villefranche est restée un petit hameau. Les recensements de la partie biolletoise donnent46 :
| 1841 | 1851 | 1866 | 1876 | 1886 | 1896 | 1906 | 1911 | 1921 | 1936 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 33 | 27 | 38 | 35 | 22 | 18 | 19 | 10 | 11 | 12 |
Mais ce n’est que la petite moitié du village, et même moins. Car la Villefranche est surtout espinassoise. Les recensements d’Espinasse récapitulent la population hameau par hameau47 ; en les ajoutant à ceux de Biollet48, on obtient la population du village entier :
| 1846 | 1861 | 1866 | 1881 | 1886 | 1896 | 1906 | 1911 | 1921 | 1936 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Maisons (Espinasse) | 27 | 19 | 26 | 21 | 22 | 24 | 21 | 18 | 16 | 14 |
| Habitants (Espinasse) | 135 | 79 | 94 | 86 | 110 | 103 | 93 | 79 | 71 | 52 |
| Habitants (Biollet) | 30 | 30 | 38 | – | 22 | 18 | 19 | 10 | 11 | 12 |
| Village entier | 165 | 109 | 132 | 132 | 121 | 112 | 89 | 82 | 64 |
En 1846, le village complet comptait donc 165 habitants, 135 du côté d’Espinasse et 30 du côté de Biollet, des Thuel, Dumerat, Lécuyer, Tixier, Martin, Aubignat, Granet ou Berger, presque tous « cultivateurs »49. En 1936, il n’en restait que 64 : en moins d’un siècle, la Villefranche a perdu plus de six habitants sur dix. La ville franche fondée à la frontière de deux paroisses a fini, six siècles plus tard, par pencher nettement d’un côté ; puis par se vider des deux.
On retrouve la courbe de l’ensemble de la commune (voir la démographie de Biollet) : un maximum au milieu du XIXe siècle, puis l’exode rural.
L’été 1944
Sept siècles après sa fondation, le hameau, qui se vidait, a encore servi de refuge. Dès septembre 1943, la grange de Marcel Faure, à Bunleix, près du bourg, avait abrité l’un des premiers contacts entre résistants du secteur50. Le 14 juin 1944, un commando de la Résistance fait irruption au poste d’observation allemand de la Bourgeade, l’un des repères de la limite de 1261, et en rapporte couvertures et mousquetons51. En août, c’est à la Villefranche même que cantonne la compagnie 3/13 du capitaine Martin ; le 17 août, elle attaque des soldats allemands qui avaient tendu une souricière au château Lecoq, les met en déroute et leur fait abandonner un camion chargé du produit du pillage du château52. Le village que l’exode rural vidait s’était, pour un été, rempli d’hommes en armes.
Le hameau n’a pas oublié. Au bord de la route, deux pierres dressées sur un socle de maçonnerie, à l’ombre d’un chêne, portent une plaque53 : « Chêne planté en 1945 par les habitants de la Villefranche en l’honneur des prisonniers de guerre de retour de leur captivité en Allemagne », et quatre noms, Louis Gauvin, Germain Robert, Albert Verge, Raymond Verge ; « et des maquisards, combattants volontaires de la Résistance, qui partirent pour le Mont Mouchet le 17 mai 1944 », et quatre autres, André Beaufort, Lucien Carte, Jean Juliat, René Verge. Puis deux mots : « Souvenez-vous ». Les quatre volontaires rejoignaient le réduit du Mont Mouchet, que l’armée allemande attaqua trois semaines plus tard54.

En conclusion
La Villefranche est née d’un contrat entre deux seigneurs, en août 1261, sur des bois et deux hameaux que l’opération a fait disparaître. Près de huit siècles plus tard, le village porte encore, à la frontière d’Espinasse, la trace de sa fondation : un plan de maisons égrenées le long d’un chemin, une route qui sert toujours de limite entre deux communes, et son nom, que les chartes, les cadastres et les habitants ont gardé sans interruption.
Franche, cette ville ? Pour les habitants, la franchise voulait dire, en principe, des droits reconnus et des redevances connues d’avance. On en mesure encore un au XVIIIe siècle : quand un paysan vendait sa terre, le seigneur prélevait un droit sur le prix, les « lods et ventes », qui était d’un tiers du prix presque partout en Combraille, et d’un vingtième seulement, 12 deniers par livre, à la Villefranche comme à Termes55. Ce n’était pas rien. Pour les deux seigneurs, elle voulait surtout dire des revenus nouveaux, partagés par moitié et encaissés par un baile. Au Moyen Âge comme aujourd’hui, la liberté se négociait entre puissants, et les intéressés n’étaient pas à la table.
L’enquête n’est pas close. La charte originale dort aux Archives nationales56 : son latin dirait s’il faut lire « ruisseau de Laudat » ou « carrefour dau Landat », et donc si le ruisseau de Laussedat bornait déjà la ville franche en 1261. Le « W. de Bualet » qui rend hommage vers 1260 pour Champ Montelh et Nogira est-il le Guillaume de Roche-d’Agoux qui fonde la Villefranche ? Et où étaient le bois de la Nogeyra et le village du Monteylet ? Ces noms dorment peut-être dans un terrier, un acte notarié ou la mémoire d’un ancien. Si vous savez où se trouvait un champ, un pré ou un bois portant l’un d’eux, écrivez-nous : la Villefranche a encore des secrets à livrer.
Aveu : ce billet doit beaucoup à une intelligence artificielle, qui a lu les registres, traduit le latin et proposé un premier texte. Elle ne se fatigue pas, mais elle se trompe parfois : j’ai vérifié les sources autant que faire se peut et amendé le reste. Aleaume avait son baile, j’ai le mien.
Notes
- a. L’apanage est la part du domaine royal que le roi de France donnait à ses fils cadets, en compensation de la couronne réservée à l’aîné. Le mot vient de l’ancien français apaner, « nourrir de pain » (latin médiéval apanare, de panis, « pain ») (Wiktionnaire, « apanage », consulté le 7 octobre 2026) : le cadet recevait de quoi tenir son rang. Il gouvernait sa terre et en touchait les revenus, mais elle devait revenir à la couronne s’il mourait sans héritier. C’est ce qui arriva en 1271 : Alfonse et sa femme Jeanne de Toulouse moururent sans enfants, les 21 et 22 août, et Philippe III fit aussitôt prendre possession de tous leurs domaines. Le mot lui-même n’apparaît qu’au début du XIVe siècle (P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 38-39 et n. 1, d’après J. Le Goff, « Apanage », Encyclopaedia Universalis, 1980). Autrement dit, on découpait le royaume pour que les cadets ne réclament pas le tout, en prenant bien soin de pouvoir le recoller.
- b. Dès la fin du XIIe siècle, les sires de Bourbon servaient d’agents aux rois capétiens en Auvergne, et s’agrandissaient au passage de ce côté. C’est Gui de Dampierre, devenu sire de Bourbon par mariage, qui conquit l’Auvergne pour Philippe Auguste en 1212-1213 ; le roi lui en confia la garde, pas la propriété, et Gui en profita pour acquérir de nombreux domaines dans le nord de la province. Son fils Archambaud VI s’engagea en 1216 à garder la Terre d’Auvergne et à la rendre au roi à sa demande : c’est pourquoi Louis VIII put la léguer à Alfonse. Les Bourbon rendirent la garde au plus tard en 1241, mais conservèrent leurs fiefs auvergnats, dont ils continuaient à faire hommage au roi plutôt qu’à Alfonse. En 1247, Alfonse réclama cet hommage et saint Louis lui donna raison ; par un accord de mars 1248, Roche-d’Agoux, Pionsat, Barrot, Les Fayes et Les Ayes furent attribués à Alfonse, en échange de Bellenave et Banassat. Le fils de celui-ci, Archambaud VII, mourut à Chypre en janvier 1249, en route pour la croisade, et son gendre Eudes de Bourgogne prêta serment à Alfonse en octobre (P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 23-31 et 114-116 ; numérotation de Fournier, d’autres auteurs, comme Max Fazy, comptent un rang de plus : VII et VIII). Les Bourbon avaient fait le travail du roi en se payant au passage ; il fallut un arbitrage royal et un mort à Chypre pour qu’ils rendent la monnaie.
- c. Dans la Terre d’Auvergne d’Alfonse, la prévôté, qu’on appelait plus souvent bailie (prepositura, ballivia), était la circonscription de base de l’administration comtale. Son agent, le prévôt ou baile, en général un homme du pays, y percevait les revenus du comte, gérait son domaine et rendait une petite justice (menus délits, quelques causes civiles). La charge était moins une fonction qu’une affaire : chaque année, le connétable d’Auvergne la mettait aux enchères et l’adjugeait au plus offrant, pourvu qu’il fût solvable ; en conséquence, note Fournier, ces agents étaient « souvent d’une moralité douteuse » (P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 59-60 et 63-64). La bailie de Roche-d’Agoux, qui s’étendait de Pionsat à Espinasse et Biollet, fut ainsi affermée 320 livres en 1256 et 600 livres en 1266 (ibid., p. 71-72) : en dix ans, le prix avait presque doublé, et c’étaient les habitants qui payaient la différence.
- d. La châtellenie est le territoire qui dépend d’un château. Sous Alfonse, le châtelain, payé à gages fixes, gardait et défendait le château, convoquait les hommes au service militaire et avait sans doute aussi des attributions judiciaires ; celui de Roche-d’Agoux touchait en 1267 deux sous six deniers par jour, soit 42 livres par an (P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 74). Selon Fournier, les châtelains étaient « placés dans l’ordre militaire sur le même plan, semble-t-il, que les bailes dans l’ordre administratif » (ibid.). Châtellenie et prévôté de Roche-d’Agoux désignent donc, selon toute apparence, le même ressort autour du même château, vu sous deux angles : militaire pour l’une, fiscal et administratif pour l’autre. Le mot employé dépend du document : la liste des hommages des vassaux d’Alfonse range Biollet sous le titre Homagia castellanie de Rupe Dagulphi, « hommages de la châtellenie de Roche-d’Agoux » (Chassaing, Spicilegium Brivatense, 1886, p. 60), alors que Fournier décrit ce même dénombrement comme « classé par prévôté » (P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 5). Biollet relevait ainsi des deux à la fois.
Références
- 1. P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 38-39.
- 2. P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers dans la Terre d’Auvergne, p. 118-119 et 136-138.
- 3. P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 70-72.
- 4. Fournier et Fournier, 1985, p. 204.
- 5. P.-F. et G. Fournier, « Villes et villages neufs au XIIIe siècle en Auvergne », Journal des savants, 1985, p. 190 et 205. Corne (commune de Bourg-Lastic) : pariage de 1256 entre Alfonse et Louis de Roure, chanoine de Clermont, ibid., p. 202-204 (Layettes du Trésor des chartes, t. III, n° 4256) ; le village, « de plan lâche », à quatre noyaux de maisons, ressemble à notre Villefranche.
- 6. Fournier et Fournier, 1985, p. 189-190 (villes et villages neufs dans la croissance des XIe-XIIIe siècles ; pariages) ; Semonsous, 2005, p. 57 (la mainmorte, « raison principale » des franchises de hameaux entre Cher et Sioule).
- 7. Livre des statuts et coutumes d’Agen, AD Lot-et-Garonne, p. 35 de la numérisation.
- 8. Semonsous, 2005, p. 86.
- 9. Layettes du Trésor des chartes, t. III, n° 4444.
- 10. AN, J 192, Poitou II, n° 30 ; publié dans les Layettes du Trésor des chartes, t. III, 1875, n° 4444, p. 435-436.
- 11. Layettes du Trésor des chartes, t. IV, 1902, n° 4700, p. 22-23.
- 12. L. Douët d’Arcq, Collection de sceaux, Archives de l’Empire, Inventaires et documents, 1re partie, t. II, Paris, 1867, p. 52, n° 3411.
- 13. Layettes du Trésor des chartes, t. IV, 1902, n° 4700, p. 22-23 ; Fournier et Fournier, 1985, p. 205.
- 14. P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 136-138.
- 15. Fournier et Fournier, 1985, p. 205, n. 24.
- 16. Traduction de P.-F. Fournier d’après AN, J 192, n° 34, publiée par Semonsous, En Combraille au XVIIIe siècle, 2005, p. 87-88.
- 17. Traduction de P.-F. Fournier, publiée par Semonsous, 2005, p. 87-88.
- 18. Cadastre Etalab, lieux-dits de Biollet et de Saint-Priest-des-Champs.
- 19. IGN, BD TOPO, tronçons hydrographiques et plans d’eau (consultés le 7 octobre 2026) : le tronçon nommé « le Coli » commence à environ 450 m de la Chabassière, en écoulement intermittent, traverse l’étang du Cheix (retenue) et en ressort en écoulement permanent.
- 20. Traduction Fournier, Semonsous, 2005, p. 87.
- 21. Plan cadastral de Biollet, section A, 2e feuille, AD63, 53 Fi 92.
- 22. AD63, 3 P 10099, états de sections, section A, n° 677-680, « le Moulin de Laussedat ».
- 23. « Guillaume de Mazières, mon homme » dans la traduction publiée par Semonsous.
- 24. Traduction de P.-F. Fournier d’après AN, J 192, n° 34, publiée par Semonsous, En Combraille au XVIIIe siècle, 2005, p. 87-88.
- 25. Fournier et Fournier, 1985, p. 205.
- 26. P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 63, n. 56.
- 27. P.-F. Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers, p. 138 (« tenues auparavant d’Alfonse par Guillaume »).
- 28. Chassaing, Spicilegium Brivatense, 1886, p. 60, § 277 ; voir notre billet sur les seigneurs de Biollet au XIIIe siècle.
- 29. Semonsous, 2005, p. 87.
- 30. Tardieu et Madebène, Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d’Auvergne, 1892, p. 47 (« Villefranche (commune de Biollet), autrement dit la Vialle ») et p. 189 (« La Villefranche, vulgo La Vialle ») ; Semonsous, 2005, p. 87 (« appelé par tous les gens du pays « La Vialle » »).
- 31. Cassagne et Korsak, 2006, p. 336-337, articles « Vialle » et « Les Vialles ».
- 32. Cadastre actuel de Biollet.
- 33. Tardieu et Madebène, Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d’Auvergne, 1892, p. 47 (« Quant à Villefranche, son nom lui venait de ce qu’il était exempt du droit de gabelles […] C’est la tradition locale ») et p. 189, article « La Villefranche » (« C’était un lieu de franchise pour le sel […], d’où son nom significatif ») ; repris par É. Pauly, Grenier à sel de Montluçon et faux-saunage en Combraille, 1946, p. 37-38. Voir aussi notre billet sur les faux-sauniers.
- 34. Ordonnance de Philippe VI du 20 mars 1340, soit 1341 dans notre calendrier (l’année commençait alors à Pâques), qui établit le monopole royal sur la vente du sel : Semonsous, 2005, p. 121.
- 35. Semonsous, 2005, p. 87.
- 36. Semonsous, 2005, p. 123 et 144 (brigade d’Espinasse, 1733) ; AD63, C 1733 ; Tardieu et Madebène, 1892, p. 48 (la brigade des gabelles résidait à Espinasse, « puisque c’était la limite du pays rédimé des gabelles ») et p. 167.
- 37. IGN, BD TOPO, 2026.
- 38. AD63, C 1733, cité par Semonsous, 2005, p. 126 ; voir notre billet sur les faux-sauniers.
- 39. P.-F. et G. Fournier, « Villes et villages neufs au XIIIe siècle en Auvergne », Journal des savants, 1985, p. 205. Interprétation des Fournier.
- 40. IGN, orthophotographie et plan cadastral, Géoportail, consultés le 7 octobre 2026.
- 41. Cadastre Etalab, lieux-dits d’Espinasse.
- 42. Fournier et Fournier, 1985, p. 205.
- 43. Cadastre Etalab, lieux-dits d’Espinasse et de Biollet ; voir la carte.
- 44. Rigaud et al., « Les fosses de Termes », FINES, t. 4, 2009, p. 13, n. 19, d’après Rigaud, 2000, p. 245.
- 45. Rigaud et al., 2009, p. 7.
- 46. AD63, recensements de Biollet, 6 M 784-802 ; voir le billet Démographie de Biollet.
- 47. AD63, 6 M 2966-2983, récapitulations par hameau ; 1846 compté sur la liste nominative.
- 48. AD63, 6 M 785-802.
- 49. AD63, 6 M 2966.
- 50. Musée de la Résistance de la Zone 13 (Saint-Gervais-d’Auvergne), « Chronologie des événements », en ligne, consulté le 7 octobre 2026, à la date du 15 septembre 1943 environ.
- 51. Ibid., 14 juin 1944.
- 52. Ibid., 17 août 1944 (« la Compagnie 3/13 du Capitaine Martin, cantonnée à la Villefranche d’Espinasse »).
- 53. Inscription de la stèle de la Villefranche, relevée sur place le 11 octobre 2026.
- 54. Sur le réduit du Mont Mouchet, rassemblé à partir du 20 mai 1944 et attaqué par les Allemands les 2 et 10-11 juin 1944 : G. Lévy et F. Cordet, À nous, Auvergne ! La vérité sur la Résistance en Auvergne, 1940-1944, Paris, Presses de la Cité, 1974.
- 55. Semonsous, 2005, p. 83.
- 56. AN, J 192 A (Poitou II), n° 34.
Sources
- P. Rigaud, J.-L. Courtadon, M. Nénot, P. Gervais et P. M. Ganne, « Les fosses de Termes (commune de Biollet, Puy-de-Dôme) », FINES. Archéologie & histoire en Combraille, t. 4, 2009, p. 7 et 13 (Creux de Coufoux).
- Pierre-François Fournier, Gabriel Fournier, « Villes et villages neufs au XIIIe siècle en Auvergne : à propos des fondations d’Alfonse de Poitiers », Journal des savants, 1985, p. 189-230 — Persée.
- Pierre-François Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers dans la Terre d’Auvergne (thèse de l’École des chartes, 1911), éd. R. Roques, G. Fournier, B. Fizellier-Sauget, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2017, p. 63, 87, 105 (et n. 4, sur les fausses chartes de croisade), 118-119 et 136-138.
- Wiktionnaire, « apanage » — lien (consulté le 7 octobre 2026).
- Léon Gallet, Les traités de pariage dans la France féodale, 1935 — Gallica.
- Augustin Chassaing, Spicilegium Brivatense, 1886, p. 60, § 277 et 281.
- Layettes du Trésor des chartes, t. III (J. de Laborde, 1875), n° 4444, p. 435-436 (acte de 1258 ; Archives nationales, J 192, Poitou II, n° 30) — UB Heidelberg ; t. IV (É. Berger, 1902), n° 4700, p. 22-23 (acte de 1261 ; AN, J 192, Poitou II, n° 34) — Internet Archive.
- L. Douët d’Arcq, Collection de sceaux, Archives de l’Empire, Inventaires et documents, 1re partie, t. II, Paris, H. Plon, 1867, p. 52, n° 3410 (Aleaume) et 3411 (Guillaume).
- J. Semonsous, « Chartes de coutumes et de franchises d’entre Cher et Sioule au pays de Combrailles du XIIIe au XVIIIe siècle », Revue d’Auvergne, t. 70, 1956, p. 196-197 (texte repris dans Semonsous 2005, ch. 4).
- Joseph Semonsous, En Combraille au XVIIIe siècle, textes réunis sous la coordination de Pierre Charbonnier, Revue d’Auvergne, t. 119, n° 575-576, 2005, p. 35-41 (poids et mesures), 56-57, 83, 86-89 et 123 (traduction de P.-F. Fournier de l’acte de 1261 ; aveux de 1669 d’après AN, P 500 et AD63, 2 E 2631 ; inventaire des cens vers 1260, AN, JJ XI, fol. 31).
- A. Tardieu et A. Madebène, Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d’Auvergne, 1892, p. 148-150 et 225.
- Livre des statuts et coutumes d’Agen, Archives départementales de Lot-et-Garonne (miniature du serment, p. 35 de la numérisation).
- Denier d’Alfonse de Poitiers, Riom, 1250-1271, BnF, Monnaies, médailles et antiques, Hoffmann.180 (via Wikimedia Commons).
- AD63, recensements de Biollet (6 M 784-802) et d’Espinasse (6 M 2966-2983).
- AD63, cadastre napoléonien de Biollet : états de sections (3 P 10099), plans des sections A (53 Fi 92) et D (53 Fi 100).
- IGN, orthophotographie et plan cadastral (Géoportail).
- Cadastre Etalab (lieux-dits de Biollet, Espinasse, Saint-Priest-des-Champs) ; IGN, BD TOPO (tronçons hydrographiques).
- AD63, cadastre napoléonien de Biollet, tableau d’assemblage (FRAD063_53Fi_00090).
- Jean-Michel Cassagne et Mariola Korsak, Les noms de lieux du Puy-de-Dôme, Éditions Sud Ouest, 2006, p. 97, 136 et 336-337.
- Musée de la Résistance de la Zone 13 (Saint-Gervais-d’Auvergne), « Chronologie des événements » — lien (consulté le 7 octobre 2026).
- Gilles Lévy et Francis Cordet, À nous, Auvergne ! La vérité sur la Résistance en Auvergne, 1940-1944, Paris, Presses de la Cité, 1974.
- Stèle de la Villefranche, inscription relevée sur place le 11 octobre 2026.